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La danse des coqs (page 8/9)

    Les coqueleurs constituent des sociétés ésotériques masculines, des cercles fermés aux étrangers et aux femmes. Seuls les initiés partagent le savoir et perpétuent la tradition. L'initiation se pratique de père en fils, au sein de la famille. Néanmoins, toutes les classes sociales sont représentées. La cohésion du groupe est forte, et oblige chacun à bien se comporter, sous peine d'exclusion. Tout est fondé sur la confiance. Celui qui commet une irrégularité (trucage de combat ou contestation d'un pari) subira des sanctions qui le toucheront tout au long de sa vie sociale et professionnelle. Ce loisir se déroule naturellement et le groupe semble fonctionner en bon équilibre.

    
un beau coq de combat
    C'est, pour les hommes, l'occasion de se retrouver entre eux et peut-être, aussi, de se soustraire aux obligations familiales où la femme a souvent pris une position dominante. Les femmes, quant à elles, ne s'intéressent pas à cette activité. Celles- ci acceptent la distance avec ce loisir qui flatte d'ailleurs d'avantage les instincts masculins. Elles ne sont pas exclues, mais simplement absentes. Dans le nord de l'Hexagone, le public français se montre plus familial. Les combats participeraient même à la cohésion du groupe social. Hommes, femmes, enfants assistent ensemble aux combats dominicaux. Toutefois, la femme ne participe pas activement à la manifestation.


    En Guadeloupe, pourtant, une femme très féminine, Dolorès Belaire, est propriétaire d'un Pitt. Toute vêtue de madras, elle accueille les curieux et explique aux touristes quelques règles de ce monde très particulier. Grâce à son musée, elle retrace un peu le parcours de cette tradition et tente de faire comprendre sa passion. Il y a 20 ans, environ soixante-dix Pitts fonctionnaient en Guadeloupe. Aujourd'hui, à peine la moitié restent en activité. De tout temps, la Société protectrice des animaux combat ces coutumes. La SPA dénonce les mutilations exercées et scande que «la tradition réclame ses victimes». Certains qualifient ces spectacles de cruels et barbares. En 1850, la loi Grammont interdit les combats de coqs en France. Ils restent pratiqués clandestinement pendant plus d'un siècle. Aujourd'hui, la loi est restrictive, mais tolérante, faute de n'avoir pu abolir cette pratique.