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La danse des coqs (page 3/9)

    Bien installé, comme au théâtre, le spectateur attend la suite des évènements. En bas, les hommes s'affairent. Le premier duel s'organise. Les acteurs prennent possession de leurs rôles respectifs. L'arbitre et le chronométreur garantissent la loyauté du combat, tant aux parieurs qu'aux éleveurs. Le préparateur choisit les "zépons", aiguille droite non coupante, en fonction de la taille de l'oiseau. Il fixera habilement l'éperon aux pattes des coqs, à l'emplacement de l'ergot naturel qui a été préalablement scié. Armés, l'œil hagard, les combattants sont prêts.

    
l'assaut aérien
    L'émotion envahit l'arène. L'ambiance est à la fois intime et passionnée, le bal va commencer. A cet instant, il n'est pas rare de voir certains propriétaires s'adonner à quelque rite censé attirer la chance sur leur protégé à plumes. Le moment est crucial et enrobé d'espoir. Les hommes se lancent dans les paris. Ils fixent leur mise. Tout se fait à la criée. Les spectateurs parient entre eux. L'argent circule et l'instant prend des allures de grande cérémonie. Excitée par l'enjeu, l'assemblée entre en ébullition. Le brouhaha envahit les tribunes. "Frisé" contre "Gwo Chocola". Dans le cercle, les gallinacés gladiateurs se font face.


    Tout autour les yeux s'équarquillent. La tension est à son comble. La danse mortelle des coqs va commencer. Prises de bec, bonds, heurts et chocs des corps. Le combat durera entre quinze et vingt minutes. Le ballet cruel de la mort décide au fur et à mesure du cadavre et du rescapé. Les coups sont meurtriers. La lutte est silencieuse, rapide et aérienne. Le sang coulera vite et peu, ou ne coulera pas. Selon les règles, le vaincu est celui qui reste couché pendant plusieurs minutes ou celui qui prend la fuite deux fois de suite. Le vainqueur est celui qui s'en sort.